Petite interview

Une adorable étudiante en journalisme m’a demandé de me prêter au jeu de l’interview. Je te remercie pour ce moment très agréable et drôle !


Avant toute chose, une présentation n’est jamais de trop. Pourrais-tu décrire en quelques phrases, l’écrivaine -ce métier mérite son féminin- que tu es ?

L’écrivaine que je suis… Vaste question qui m’amène à songer qu’il faudrait un jour que je m’applique à ouvrir un dictionnaire pour trouver une différence entre auteure, écrivaine et romancière.
Je crois que j’ai toujours eu un côté fantasque et théâtrale. Et j’ai toujours adoré rêver. L’écriture, c’est une façon d’immortaliser mes rêves. Je ne suis pas une grande auteure. Je ne peux pas me comparer à des gens talentueux comme Stephen King ou J.K Rowling. Mais… J’ai l’espoir d’écrire des choses qui semblent suffisamment évidentes pour que mes lecteurs puissent se dire que l’écriture ça pourrait être un chouette moyen de voyager. J’essaye d’écrire comme une danseuse fait sa représentation. Des heures de travail pour quelques minutes de divertissement qui semblent tout simples à réaliser. C’est sans prétention, sans volonté de faire de la haute littérature. Je veux juste embarquer des gens dans mes histoires avec une plume aussi simple que possible.

Tu dirais donc que ce métier s’est un peu imposé de lui-même ? As-tu hésité avant de te lancer dans cette voie ?

À l’origine, je comptais garder un métier alimentaire et faire de l’écriture de loisirs. Mais, après mûre réflexion sur ma capacité à intégrer une équipe et à tenir des horaires « normaux » avec mes quelques soucis de santé et de sommeil, j’ai choisi de me lancer à fond. Et quand je dis à fond, c’est que j’écris un livre par 5/6 semaines. Je vis pour écrire, aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir faire ça à temps plein grâce à un super entourage mais, petite, je n’aurais jamais osé en rêver.

En parlant de tes livres, Camigraphie, ton premier roman est paru en auto publication le 7 juillet, comment est-il né ?

Sincèrement ? Une amie m’a dit « Hey, je trouve qu’on est en manque de challenges en ce moment ! » et après une heure au téléphone, on s’est dit que ça serait pas mal de participer à un concours d’écriture de romance. Sauf que certains points du règlement du concours se sont avérés être dérangeants et je me suis tellement attachée à mes personnages que j’ai tout de même voulu leur donner une chance d’être publiés. Finalement, ça a été une excellente chose puisque ce livre m’a permis de beaucoup apprendre sur l’auto-édition et d’être un peu plus en confiance pour mon prochain.

Imagines-tu lui donner une suite ? Ou le personnage de Camille a-t-il connu tout son lot de rebondissements ?

Alors, j’ai prévu une nouvelle pour décembre qui sera écrite du point de vue de Philipe-Hubert et qui interviendra à un certain moment du récit. (Exclusivité ! YOUHOU). C’est mon petit cadeau de Noël. Actuellement, même si j’adore mes personnages, je crois que Camigraphie a raconté ce qu’il fallait raconter. En faire plus aurait sans doute brisé quelque chose. Peut-être qu’un jour, si j’ai l’envie, le temps et l’inspiration, je raconterai ce qu’il s’est passé entre le dernier chapitre et l’épilogue. Mais ce n’est pas dans mes projets à l’heure actuelle.

Je crois savoir que tes lecteurs seront ravis d’apprendre cette nouvelle ! As-tu des conseils à donner à ceux qui hésitent encore à se lancer dans l’aventure de l’auto-édition ?

J’espère ! Et je précise que cette nouvelle sera gratuite… Parce que c’est un cadeau… Et que si c’était payant ça serait pas terrible comme cadeau.

Il y a quelques conseils que je peux donner, même si j’ai encore une maigre expérience. Le premier, et celui qui me parait essentiel, c’est de ne pas se lancer en se disant qu’on va vendre des centaines de livres et avoir un super salaire à la fin du mois. Bien sûr, on n’est jamais à l’abris d’un buzz ou d’un conte de fée moderne. Mais, je préfère dire à ceux qui voudraient se lancer de ne pas négliger les études ou le travail si leur santé le permet. Auto-édition et vie étudiante ou professionnelle ne sont pas incompatibles, j’ai de nombreux exemples autour de moi.
Je recommanderais aussi d’avoir un certain recul sur ses écrits, de savoir réellement accepter la critique et l’idée qu’on ne peut définitivement pas plaire à tout le monde. D’autant plus que sur le net les gens ne se privent pas de donner des avis parfois très rudes. Il faut avoir une certaine confiance en soi et aussi une capacité à savoir se remettre en question quand il le faut.

As-tu écarté définitivement l’idée d’envoyer un manuscrit en maison d’édition ? Ou l’autoédition est-elle un moyen de faire connaître tes écrits tout en gardant l’envie ou l’espoir d’être retenue dans une ME ?

Camigraphie est actuellement à l’étude chez une Maison d’Edition (Sudarènes). J’avoue que la méthodologie de relecture de beaucoup de Maison d’Edition n’est pas pas compatible avec ma façon de travailler et j’ai peur que mes mouvements d’humeur n’aident pas non plus. Même si Camigraphie est en « évaluation » chez un éditeur à cause d’une rencontre providentielle avec une auteure, je préfère pour l’heure en rester là. Je crois que je dois encore grandir et prendre en maturité pour pouvoir réellement travailler dans de bonnes conditions avec un éditeur. Puis, l’autoédition est très formatrice. Elle m’oblige à endosser plusieurs casquettes.

En plus de Camigraphie, mon petit doigt me dit que tu as un deuxième livre sur le point d’être publié. Es-tu d’accord pour nous en parler un petit peu ?

Oh merde… Euh. Ouais. Alors. Tu vois, ça c’est le moment où avec mes amis on se regarde en se disant « qui s’y colle à résumer le bordel ? ». Bon. Comme je n’ai pas d’amis sous le coude… Euh. Alors. L’Autre Côté est né en 2012. J’ai eu une expérience… Malheureuse. Et, de cette expérience, j’ai voulu croire que quelque chose se passait après la mort. Je n’ai rien contre la religion, mais se balader en robe avec une trompette ça me donnait pas des masses envies. Et l’Enfer non plus d’ailleurs… Puis, il y des décès que je n’ai jamais vraiment pu encaisser, en particulier celui d’une personne qui a été vraiment très importante pour moi durant mon enfance.
Et c’est là qu’est née Mia. Et avec elle, tout un univers me permettant de faire vivre les disparus. C’est toujours compliqué d’en parler car l’Autre Côté est un univers très complet et complexe qui nécessite que je l’étale sur plusieurs volumes. Et encore, quand je vois mon dossier de conception, je me demande si une vie me suffira à tout exploiter. Je t’avoue que je n’ai pas très envie de trop en dire car je veux que le lecteur le découvre au fil des parutions. Ce qu’on a dans le volume 1, qui sort demain (le 7/09), ce n’est qu’une particule de l’univers en question.
Ce que je peux dire c’est… Que la mort risque de vous paraitre beaucoup moins morbide !

Je suis certaine que tu vas nous faire plonger dans un univers palpitant ! L’Autre Côté est donc un projet conséquent, en as-tu d’autres encore ? Ici, on aime bien tout connaître sur les plans futurs de nos auteurs !

L’autre Côté risque de m’accompagner pendant quelques années. Actuellement, j’écris une relation entre un professeur et une élève avec les deux points de vues et en trois tomes. J’ai aussi très envie de faire une réinterprétation du conte la Belle et la Bête. J’ai aussi la suite d’Ivy & Storm qui est en chantier et un carnet de trames rempli ! Puis, j’ai un autre projet professionnel par rapport à l’écriture mais dont je parlerai quand il sera bien lancé.

On constate donc que tu es une auteure bien occupée et avec une vie bien remplie ! En plus de tes livres publiés en édition, tu as aussi des histoires en épisodes hebdomadaires sur Wattpad, pourquoi avoir fait le choix de partager tes écrits gratuitement ?

Oui, je ne m’ennuie pas dans mon quotidien, c’est clair !
Pour ce qui est de mon choix d’écrire gratuitement, il me vient de mon passé dans la fanfiction. J’adore publier chapitre par chapitre. J’adore avoir des retours sur chacun d’eux, voir les vues fluctuer. J’aime aussi la façon dont les gens spéculent sur la suite et participent à l’histoire. C’est une façon complètement différente de travailler puisque je n’ai pas du tout la même structure de chapitres. Mes séries ont des chapitres brefs avec, dans la mesure du possible, toujours un rebondissement pour tenir le lecteur en haleine… Et me faire maudire par des anciens collègues qui ont choppés des élèves qui trainaient sur Wattpad en cours. Dans mes livres « payant », il y a plus de place pour la narration, pour un développement plus en profondeur de la psychologie des personnages. C’est vraiment très différent !

Tes lecteurs ont donc une place importante à tes yeux, je pense qu’ils seront touchés de le savoir ! Mon petit doigt m’a aussi dit -oui il me raconte beaucoup de choses- que tu avais pour projet de t’engager contre le harcèlement scolaire. Pourquoi une telle décision ? Comment vois-tu ce projet dans le court terme et dans le long terme ?

Comment mes personnages pourraient-ils vivre sans mes lecteurs ? Ils sont vraiment très importants pour moi, parce que c’est grâce à eux que je peux vivre un de mes rêves de gamine.
Ton petit doigt est super bavard ! Et il a raison ! En fait, je suis déjà un peu engagée dans cette lutte. Je tâche de faire de la prévention et de dialoguer avec des victimes. Cependant, les associations ont besoin d’argent pour financer des supports de prévention et des actions pour assister les victimes. J’ai donc décidé que les bénéfices de certaines de mes œuvres iraient à des associations. Naïvement, je caresse l’espoir d’être un jour assez connue pour que ma voix ait un poids réel dans ce combat.
J’ai choisi de m’engager car le harcèlement m’a pourri ma scolarité. J’ai des souvenirs merveilleux du primaire, mais quand on me parle du collège… J’ai envie de pleurer. Et de hurler ma rage. Je suis en colère contre notre système éducatif. Réellement, je pense qu’en France le problème du harcèlement n’est pas encore pris suffisamment au sérieux. J’ignore d’où vient la base du soucis. Mais je compte bien faire changer les choses !
À court terme, je ne pense pas que je rapporterai des sommes folles aux associations. Je vais tout faire pour parler de ce problème, sensibiliser mes lecteurs et, à long terme, tenter de me faire entendre par les gens qui ont un réel pouvoir. J’espère que des auteurs me suivront…

Sur une note un peu plus intime, nous avons parlé de tes œuvres personnelles, mais as-tu des livres cultes ? Si oui, que t’ont-ils apportés ?

En matière de livre culte j’ai, bien sûr, les Harry Potter qui ont été une véritable façon de m’évader pendant l’adolescence. J’ai aussi dévoré des livres pour adolescents et je continue encore. Je crois que j’aime quand les choses se terminent bien.

J.K Rowling a touché beaucoup de monde. Y’a t-il un livre qui, au contraire de Harry Potter, t’a repoussé ?

Repoussée… ANTIGONE ! Ce livre mais… Je l’ai maudit. Et je le maudis encore. Et je maudis aussi ma prof de français. Je ne supporte pas le personnage et l’intrigue. En plus la couverture était orange dégueulasse… Non, ce livre n’a rien pour lui.

Pour terminer, que dirais-tu de nous partager tes habitudes d’écriture ? As-tu un rituel ? Un essentiel sans lequel tu ne peux pas écrire ?

Mon secret pour avoir l’inspiration ? La salade de thon !
Rituel… Il faut que j’ai quelque chose à boire à portée de main et je grignote quand j’ai fini un passage compliqué et pendant ma relecture. Ce n’est pas bien mais c’est pour ça que je suis auteur et pas nutritionniste.
J’écris environ huit à dix heures par jour, généralement dans le silence ou avec un fond musical très léger. Souvent je commence par lister vite fait mes idées, puis je me lance. En fonction de ce que j’écris, j’arrive a faire d’autre chose en même temps. Par exemple quand j’écris mes séries, je fais des petits pause pour checker les réseaux sociaux entre deux épisodes. Mais quand je travaille sur l’Autre Côté, il est hors de question de m’adresser la parole !

C’est une idée bien originale pour trouver l’inspiration ! Un dernier mot à ajouter pour tes lecteurs ?

J’espère qu’ils continueront de rêver avec moi pour longtemps, car j’ai encore beaucoup de personnages à faire vivre. Et merci à toi pour cet entretien, c’était très drôle comme expérience !


Interview par Natacha Fichten

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