18. Règlement de compte

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La porte s’ouvre, Samuel me regarde comme une revenante et voilà ! Catastrophe ! J’ai vomi. Sur ses chaussures. Ça devient une habitude merdique.

— Isabeau ! … ET TOI, SALE ORDURE, s’enflamme directement mon homme.

— Laisse, je vais m’en occuper, intervient Ambroise en saisissant le col de mon ex patron.

Max est plaqué au mur, moi je termine de me vider sur le cuir hors de prix. Samuel passe la main dans mes cheveux. Dans mes putains de cheveux roux ! Je les hais. Je hais cette couleur qui attire les regards. Et, surtout, je hais cette nuance qui lui plait.

— On se calme les gars. Isabeau savait que vous réagiriez mal à son besoin d’évasion, argumente l’enflure.

Connard, connard, connard !

       Samuel est tellement sous le choc qu’il manque de me faire tomber dans mon vomi en allant le rejoindre.

— Qu’est-ce que tu racontes, chien galeux ? persifle-t-il.

— J’étais partie m’aérer la tête pour plus entendre Charlotte me traiter de tous les noms et il m’a enlevée ! je proteste.

D’ailleurs, je me demande comment il aurait fait si je n’étais pas sortie seule…

       Ambroise accentue la pression sur le torse de Max, je pense qu’il réfléchit à comment lui mettre une droite pour le massacrer au mieux.

— Tu étais censée être toujours avec quelqu’un ! Tu es un aimant à psychopathes, ronchonne Samuel.

— C’est sympa… Comme si je le faisais exprès ! je rétorque.

— C’est bien pour ça que tu es partie avec moi, bébé, fanfaronne Max. Elle en avait marre de toi, gamin. Et maintenant, elle invente cette histoire d’enlèvement pour…

Un bruit sinistre d’os qui craque met un terme aux conneries de l’enfoiré. Ambroise et moi, nous considérons avec stupeur le poing de Samuel. Je m’étais attendu à ce que le coup vienne de mon confident.

— Appelle-la encore une fois « bébé » et je te castre, menace-t-il durement.

Du sang coule sur le menton de mon ex-patron, il en crache, s’essuie du revers de la main avec un sourire goguenard.

— Très bien, je vais y aller. Je pense qu’Ivy finira par tout vous avouer.

Ce salopard se dégage et descends quatre à quatre les escaliers. Je suis à bout de souffle, je pourrais encore vider mon estomac, la cage d’escalier empeste.

— Il faut aller voir les flics, je murmure.

— Impossible, lance une voix nasillarde.

Charlotte… Forcément.

       La jolie blonde s’avance, je me demande si elle a tout entendu. Au pire, qu’est-ce que je peux y faire ? Mon regard se plante dans le sien, Mademoiselle s’appuie contre la rambarde en fer forgé, bras croisés.

— Ces deux génies viennent d’agresser ce pauvre type. Alors, ou tu vas chez les flics pour tout balancer et nos petits amis se retrouvent avec un casier pour coups et blessures…

— Ou ? je m’énerve.

Je tremble, la situation m’échappe et me dépasse complétement. Samuel vient m’enlacer, respirer son parfum m’apaise, ses lèvres chaudes caressent mon front.

— Ou alors, on règle ça à notre manière, susurre-t-il. De toute façon, les flics n’ont même pas jugé utile de te chercher… Comme tu es majeur.

Formidable, il y a de quoi avoir espoir dans notre justice…

Je n’ai pas vraiment le temps de m’appesantir sur l’absence de recherches, le « à leur manière » m’effraie trop. Ils connaissent des gens qui font visiter les coffres de bagnoles ? Quoi que, ça ne m’étonnerait même pas. Avec le temps, j’ai appris que les riches ne s’encombrent pas de problèmes. Non, eux, ils se contentent de vivre la belle vie. Mes yeux se troublent, son sourire se veut rassurant.

— Avec Ambroise, nous allons mettre un terme à tout ça. Tu ne dois t’inquiéter de rien.

— Ambroise va rester en dehors de ça ! proteste Charlotte.

— Ambroise est majeur, vacciné, et ne va pas laisser sa meilleure amie dans la merde, tranche l’intéressé.

— Ambroise se met à parler de lui à la troisième personne, et ça, ça craint, je glisse malicieusement.

Il s’amuse à m’ébouriffer les cheveux, voir mes longueurs rousses s’agiter me crampe le ventre.

Je dois changer de tête !

       — Je… Je dois me changer. Je dois me changer, cramer ces fringues et changer de tête !

— Changer de tête ? s’étonne Samuel. Tu es très jolie…

— Il a flashé sur mes cheveux roux. Je… J’ai besoin de changer. Pour un petit moment, je murmure.

Il acquiesce, je sais qu’il comprend parfaitement. Sans un mot, Ambroise dégaine son mobile et pianote rapidement sur l’écran, le bras de Samuel passe autour de ma taille.

Je ne risque plus rien.

      

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Une réflexion sur “18. Règlement de compte

  1. Bigot de préameneu dit :

    Simple remarque sur une faute de frappe « majeure » en place de « majeur ». Sauf erreur de ma part Isabeau n’a pas encore pris d’hormones ou subi une opération.

    J'aime

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