Journée contre le harcèlement

            Aujourd’hui, en ce 5 novembre 2015, la France se bouge enfin contre le harcèlement scolaire.

            Il faut saluer cette initiative sur l’information et la volonté d’une prise de conscience collective. Le harcèlement tue. Et, plus grave encore, les harceleurs ne se rendent souvent même pas compte de la portée de leur geste.

            Je vous remets ici un texte que j’ai publié il y a quelques temps sur Wattpad. J’espère qu’il amènera à la réflexion pour certains.

Lève-toi et vas-y.
Une chose qui parait si simple pour tout le monde. Mais, pendant des années, ça a été ma plus grande peur. Ceci n’est pas une fiction. Ceci est un fragment de ma vie. C’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, une chose dont j’ai envie de parler. Et je publie ici, car j’espère que mon texte pourra toucher un bon nombre de personnes.
Victime ou bourreau, je ne vous juge pas.
Non. Parce qu’on est souvent bourreau sans vraiment le réaliser.
Souvent, ça commence par des moqueries. On se dit que ce n’est pas méchant. On se donne du grain à moudre entre potes. On se donne de quoi discuter. On provoque, on rabaisse et on tombe dans un engrenage sordide : Le harcèlement.
Parfois, on le fait parce qu’on est mal dans sa peau. On le fait pour exister. On le fait tout simplement pour rigoler, parce qu’on ne percute pas les conséquences.
Alors. Je vais vous parler des conséquences.
On se moque. On est fier/fière de sa vanne bien placée. Super, tu as été la star pendant au moins dix secondes. Félicitations.
Et après ? Et après, la personne en face rumine. Elle y pense. Ta vanne, ta moquerie, c’est une goutte. Chaque goutte tombe dans un récipient. Chaque goutte remplit un vase. Au début, on se dit qu’on va ignorer.
On essaye de ne pas écouter. On se ferme. On devient une espèce de semblant de carapace qui n’arrive finalement pas à se construire. La douleur commence à générer le stress. On se met à se détester. Parfois, on se déteste plus que les autres ne nous détestent réellement. Puis, notre corps nous le fait payer.
On a mal au ventre. On a la gerbe. On se dit qu’on va subir une nouvelle journée. Le pire, c’est le dimanche. Car on a la semaine devant nous, on ne sait même pas si on va arriver au bout. On dirait que je parle d’aller à la guerre, alors qu’il n’est que question d’aller étudier. C’est dingue, non ?
On cogite. Parfois, on essaye de faire un changement de look. On espère naïvement que ça fera cesser ça. Mais, souvent, ça ne marche pas. En plus, connement, on s’adapte aux autres au lieu de faire comme en a envie d’être. Pourtant, on existe bel et bien pour nous. Pas pour les autres. On est le héros de notre histoire. Seulement de notre histoire. Le reste, on s’en fout.
Mais, quand on se fait harceler, on n’arrive pas à s’en foutre. On désespère juste de trouver une solution. Donc, on commence à faire des plans. Changer de bahut, se mutiler pour montrer ce qu’on éprouve, devenir violent.
Dans certains cas, les insultes ne suffisent plus à contenter le « public ». Alors, on passe aux atteintes physiques. Coups de poing. Coups de pied. Pourquoi pas ? Du moment qu’on se sent supérieur après. Mais, étrangement… Je comprends.
Attention, je ne cautionne pas. Juste, je comprends qu’il y a là un comportement purement instinctif, primitif. Écraser pour exister. Écraser parce qu’au fond, on se chie dessus à l’idée de s’élever seul comme un grand. Ou alors, juste être un ado inconscient qui ne percute rien.
Au début, j’avais la rage. Aujourd’hui, j’ai pitié de ces gens qui ont eu besoin de me faire mal. J’ai presque envie de les remercier de m’avoir forgée à ce point. De m’avoir rendue forte. De me permettre d’avoir le cran d’assumer un rêve pendant qu’ils pointent à Pôle Emploi ou font un job par dépit.
Toi, qui a mal au bide quand tu dois aller au bahut. Toi, qui peut-être te scarifie. Toi, qui a lâché les cours pour fuir… Lève-toi et vas-y.
Lâche ta lame. Elle ne t’avancera à rien. Hormis à générer une infection dégueu et des cicatrices qui te grilleront quand tu seras adulte. Passe la porte du bahut, ouvre bien grand ta gueule pour dénoncer ce qu’il se passe. Regarde ceux qui te font mal de haut et existe.
Lève-toi et vas-y. Sois le héros de ton histoire, pas la victime.

Témoin, ou victime, je vous invite à vous rendre sur ce site : www.nonauharcelement.education.gouv.fr

harcèlement scolaire

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5 réflexions sur “Journée contre le harcèlement

  1. Charles Philippe Osmond dit :

    Parfois on aimerait faire quelque chose, mais le problème c’est qu’on ne remarque rien. Et même quand on le sait, on ne remarque toujours rien. Alors on discute avec la personne, mais on sait très bien que ça ne va pas l’aider. Ça lui fait juste quelqu’un à qui se confier. C’est triste non ?

    Aimé par 1 personne

  2. paulinelaloux dit :

    Très beau texte ! Il y a beaucoup à dire… Mais je me contenterai de dire « Bravo ». Bravo pour ce courage d’avoir écrit ce témoignage, bravo de t’être relevée, etc. On devrait tous pouvoir combattre le harcèlement, malheureusement c’est dur et parfois impossible pour certains. Peu sont aidés, peu demandent de l’aide… Beaucoup on peur et beaucoup n’ose rien faire par peur d’agraver les choses. On a peur pour soi, mais on a peur du regard des autres sur ce qu’il nous arrive, peur du jugement et de la honte. Ton texte est magnifique ! ♥

    Aimé par 1 personne

  3. paulinelaloux dit :

    A reblogué ceci sur Just a Storyet a ajouté:
    Le 5 novembre c’était la journée contre le harcèlement. Aujourd’hui, 2 décembre, je découvre ce magnifique texte. Un jour par an pour rappeler la gravité qu’est le harcèlement n’est pas assez pour moi. C’est un combat de tous les jours…

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