Et Cassandre & Ethan dans tout ça ?

Bonjour à tous !

Avant tout, je vous souhaite une belle et heureuse année 2018 ! Qu’elle vous apporte la joie, la santé et la réussite.

La question a été soulevée. Je vais donc y répondre : Cassandre & Ethan est une histoire qui me tient profondément à coeur. Actuellement, elle est dans un tiroir, mais ça ne veut pas dire que je l’oublie, bien au contraire. Cassandre & Ethan aura un avenir, mais chaque chose en son temps. Entre le moment où on écrit et celui où on publie, des choses peuvent se produire de manière totalement inattendues. Mais ce livre verra le jour. Quand, je ne sais pas encore. Mais ce n’est que partie remise.

Et pour ceux qui se demandent pourquoi je n’ai pas fait cet article avant, la raison est simple : j’étais persuadée que Cassandre & Ethan n’était pas suivi du fait du peu de commentaires.

Je vous souhaite encore une fois tous mes vœux pour la nouvelle année. Je vous retrouve prochainement pour le final d’Ivy !

EPILOGUE

Retour à l’épisode 1

       Cinq ans plus tard…

        Je feuillette le magazine de mode acheté à notre dernier arrêt. Charlotte est en page centrale, égérie pour une marque de maroquinerie luxueuse. Plus belle que jamais, sa mère doit être mortifiée de n’avoir jamais cru dans le potentiel de sa fille. Je me prends en selfie à côté du magazine et lui envoie un « félicitations » largement mérité.

— Je n’aurais jamais cru que ton amitié avec Charlotte aurait pu survivre à notre choix de vie tout en simplicité, s’amuse Samuel.

— Les gens sont étonnants. Regarde, qui aurait cru qu’Ambroise tomberait raide dingue d’une sourde qu’il a draguée comme un véritable manche.

Trois ans plus tard, je ris encore de cette rencontre entre Marie et Ambroise. Il lui a fait son grand numéro de séducteur, lui a raconté une tonne de blagues, avant de comprendre que la malheureuse était une sourde avec un appareil en panne. Résultat ? Elle ne comprenait que  les signes et le pauvre Ambroise s’est pris la honte.

Cependant, il était résolu à la conquérir puisqu’il s’est empressé de prendre des cours de langue des signes et est revenu à la charge une fois qu’il a été capable de tenir un minimum de conversation. Désormais, avocat réputé, il vit à Londres avec sa belle et nous donne un coup de main quand la galère est trop grande.

Pinkie aussi a bien réussi. Repéré lors d’un concours de stylisme, il s’est envolé pour les U.S.A afin de devenir l’assistant et le petit protégé de la célèbre Anna Wintour qui n’arrive plus à se passer de sa présence. Voir son nom dans le Vogue américain que je tiens à la main, envoyé par ses soins, me remplis de fierté.

Nous nous garons sur la place centrale d’un petit village. Je descends du camion sous la chaleur écrasante du soleil d’août. C’est une routine bien rodée : tous les mardis nous organisons la projection d’un navet français choisi par Samuel dans notre stock.

Notre boutique ambulante de livres et D.V.D a connu son petit succès. Bien sûr, nous ne roulons pas sur l’or, mais au moins nous arrivons à boucler les fins de mois. Après une licence en économie pour Samuel et en lettres modernes pour moi, ce commerce est apparu comme une évidence.

Comme tous les mardis, je capte le réseau filant de ce coin perdu pour faire un Skype avec Rarity. Elle a rencontré un globe-trotteur au restaurant, et depuis elle file le parfait amour avec son aventurier aux quatre coins du monde. Nous rions des situations improbables dans lesquelles elle parvient à se mettre avant que son sujet favori ne revienne sur la table.

— Tu dois proposer ton livre à un éditeur !

Je roule des yeux, Ivy n’est absolument pas destiné à l’édition et elle le sait.

— Il se fera recaler. En plus, l’histoire est super perso !

— Et personne ne croira l’histoire de la soumise déguisée en chat, surenchérit Samuel dans mon dos.

Je lui donne une petite tape amicale. Ivy restera un grand fou rire entre nous, une aventure qui a lié à jamais nos destins. Un lien que je croyais le plus invincible au monde. Mais, avec le petit habitant qui se manifeste sous ma poitrine en arrondissant mon ventre, j’ai révisé mon jugement. Un enfant, le fruit d’un amour sans borne, voilà notre promesse d’amour pour l’éternité et plus encore.

 

FIN

 


 

REMERCIEMENTS

 

Ivy est une saga particulière. Née dans mon esprit à des heures sombres, c’est elle qui m’a permis de retrouver ce contact avec l’écriture et le courage de partager mes histoires avec un public.

 

Ivy a débuté sur Wattpad où j’ai fait la connaissance de personnes fabuleuses qui sauront se reconnaître.

J’ai poursuivi l’aventure dans la bulle un peu plus intime de mon blog où vous avez été nombreux à me suivre, et pour ça je ne vous dirais jamais assez « merci ».

Enfin, Ivy s’est retrouvée sur Kindle où d’autres personnes ont fait connaissance avec ce personnage « attachiant ».

 

Je tiens à remercier Vanessa pour les corrections et son œil avisé.

 

Je remercie, également, mes proches et amis qui supporte mon caractère au quotidien avec mes moments de doute et d’espoir.

 

Je remercie les blogueuses, admins de groupes et lectrices qui prennent le temps de faire connaître cette petite série aux gens et contribue à mon rêve d’être une auteure à temps (presque) plein.

 

Je remercie l’entreprise Milka pour ses merveilleuses tablettes fourrées aux Oréo.

 

Et je remercie mes personnages qui ne m’en veulent pas trop, même quand je les malmène… Ivy, repose cette poêle, tu veux bien ?

42. Le temps des vérités

Retour à l’épisode 1

SAMUEL 

       On m’a fait rentrer en catastrophe de ma formation pour une affaire d’importance. Me rendre au domaine dans ces conditions n’a jamais été gage de bonnes nouvelles. La dernière fois, c’est quand mes parents m’ont fait revenir du pensionnat pour m’annoncer leur divorce.

       Alors, c’est la boule au ventre que je monte les marches du perron. La lumière éclaire le salon, je reconnais la voix d’Isabeau et celles de ses amis. Charlotte me gratifie d’un signe de tête et vient m’étreindre avant qu’Ambroise ne me serre chaleureusement la main.

       — Nous sommes tous ici… Isabeau, à toi l’honneur, annonce mon géniteur.

       Elle me fuit du regard, le poids des années pèse maintenant sur son visage.

       — Il n’y a pas de manière diplomate de le dire. Alors, je vais m’en débarrasser crûment et j’en suis désolée.

       — Dash, tu nous fais peur, bégaie Rarity.

       Elle se renfonce dans le fauteuil, fixe résolument le tapis persan. Mon cœur se pince, j’appréhende ses mots.

       — J’étais une pute. Storm me vendait et… Et moi j’acceptais parce que j’ai cru que ça me permettrait d’avoir beaucoup d’argent pour m’en sortir et… et puis j’étais… J’avais… Je croyais…

       Sa force s’en va, elle éclate en sanglot sous les yeux atterrés de ses amis. Ambroise et moi, nous le savions. Pourtant, l’entendre de sa bouche fait bien plus mal que de celle du client. Mon ami me soutient, je lui en suis profondément reconnaissant.

       Je devrais la relever, lui dire que tout ça n’a plus d’importance.

       — Ce qu’elle veut dire c’est que Storm l’a manipulée et qu’aujourd’hui il a réussi un véritable coup de maître en faisant entrer Clémentine dans la vie de Samuel et en décrochant un contrat avec un éditeur, reprend mon père.

       — Quel est le rapport avec Clémentine ? Et c’est quoi cette histoire d’éditeur ? je m’alarme.

       Je suis largué, mais heureusement je ne suis pas le seul. Pinkie, Rarity et Ambroise n’en mènent pas large non plus.

       Mon père nous débite le rôle sordide de Clémentine dans cette affaire de vente aux enchères, si j’avais cette sorcière en face de moi je lui sauterais à la gorge ! Son plan a parfaitement réussi puisque j’en suis venu à en vouloir réellement à Isabeau pour sa jalousie qui m’évoquait la détestable Charlotte.

       Isabeau enchaîne sur le récit de son agression et ce qui a motivé Storm à agir de la sorte. Cette histoire vire au surréaliste, à tel point que je me sens mal. Ma tête tourne, toutes ces infos me donnent un sale vertige qui menace de me faire sombrer dans la rage la plus noire.

       — Une chance que père soit passé dans le coin, je résume.

       — Carrément, s’il n’était pas passé par là, notre Dash serait morte, réalise Pinkie d’une voix blanche.

       Vu la tronche de mon père, j’ai peur de comprendre qu’il ne s’agit pas vraiment d’un hasard.

       — Non. Ce n’était pas un hasard, devine Ambroise. Qu’est-ce que vous nous cachez encore ?

       — Cette fois, c’est sûr, Samuel ne voudra plus jamais de moi, pleure Isabeau, complétement à bout de nerfs.

       Je réalise à cet instant que je me tiens à l’écart d’elle, pour mieux accuser le coup. Mon attitude est froide, distante, mais quelque chose me bloque, m’empêche d’être tendre. Bien sûr, je l’aime à en crever, cependant ma nature m’empêche d’être trop démonstratif. J’ai peur, et c’est naze de ma part.

       — Elle ne s’en souvenait pas jusqu’à tout à l’heure… J’ai payé pour avoir Isabeau durant une nuit au mois de mars, avoue finalement mon père sans fierté.

  1. VAIS. LE. TUER.

       Je me rue sur lui et lui assène le plus puissant coup de poing de ma vie. Toute cette colère retenue le percute et se libère dans l’onde de choc.

       — CONNARD ! JE SAVAIS QU’IL Y AVAIT UN TRUC LOUCHE AVEC ELLE ET TU NE NOUS A RIEN DIT !

       Je suis fou, j’écume de rage, fais pleuvoir les coups sur sa belle gueule qu’il entretient pour se la jouer dans les magazines. Je le hais du plus profond de mes tripes, je le hais de m’avoir pris la seule femme capable d’avoir fait battre mon cœur.

       — SAMUEL ! SAMUEL ARRÊTE ! Il a encore des choses à nous dire, tente de me modérer Ambroise quand il me sépare de mon enfoiré de géniteur.

       Je ne le lâche pas des yeux, écoute comment il a loué Isabeau, et sa découverte d’une jeune femme perdue, en panique, et rouée de coups qui n’avaient rien d’un jeu BDSM classique.

       — Je lui ai proposé de la racheter à ce Storm, d’en faire un jour de la semaine pour la protéger ici.

       — La protéger et la sauter, très classe Monsieur Forks, raille Rarity.

       Je n’aurais pas mieux dit !

       Il balaie ça d’un geste de la main, agacé. Je l’invite à poursuivre son histoire dégueulasse d’un geste du menton.

       — Isabeau a refusé, elle avait peur que Storm refuse et lui fasse payer cher. Cependant, je n’étais pas décidé à l’abandonner. J’ai engagé un détective privé, rapidement il a pu établir la routine d’Isabeau, dont ses fameux moments d’écriture dans les bois. C’est à partir de ce jour que j’ai adapté mon parcours de jogging pour tenter de tomber dessus par hasard.

       Mon père est définitivement un psychopathe, Isabeau avait raison !

       Ambroise me retient encore de continuer de le boxer. J’attends la chute avec grande impatience, voir jusqu’où ce taré est allé.

       — Le fameux jour de l’agression, j’ai entendu un cri. J’ai couru immédiatement dans sa direction et je l’ai trouvée sur le sol, inanimée. J’y ai vu une chance inespérée de pouvoir l’acclimater à la vie au domaine et…

       — Minute ! interrompt Charlotte. Vous l’avez trouvée dans les bois et vous n’avez pas eu peur qu’elle souffre d’un traumatisme crânien important ?

       Bien. C’est maintenant qu’elle atterrit !

       — Charlotte, tu as trois trains de retard, ma chérie, soupire Pinkie.

       Mon regard se pose sur Isabeau qui ouvre la bouche de stupeur. Elle découvre avec nous l’étendu de la folie de mon père qui aurait pu participer à son meurtre si par malheur elle avait eu une hémorragie cérébrale.

       — Je me suis donné une semaine pour la conquérir. Hélas, je n’avais pas prévu un certain facteur…

       — Un certain facteur ? Que vient foutre le facteur au milieu ? s’impatiente Rarity.

       Je prends une grande inspiration. Je suis le facteur.

       — Il parle de moi. Il n’avait pas prévu mon histoire d’amour avec Isabeau.

       — Effectivement… Et quand j’ai été invité à cette vente aux enchères, je n’ai pas hésité une seconde. Cependant, le résultat était toujours le même : Isabeau n’a que ton nom à la bouche !

       La fierté vient gonfler ma poitrine. Je m’approche de ma belle qui ne sait plus où se mettre, ni qui regarder. Oui, malgré les épreuves, malgré les crasses et les tordus, nous nous aimons. Profondément. Immuablement. Et pour l’éternité.

       Je m’agenouille devant elle, réalise à quel point j’ai été con avec l’affaire de Clémentine. Je capte ses iris chocolat, ils pétillent même si la tristesse les voile un peu.

       — Toi et moi, c’est fini ? se risque-t-elle d’une voix minuscule.

       Je prends ses mains, lui offre mon plus beau sourire et l’embrasse comme j’aurais dû le faire lorsque je l’ai retrouvée. Nos bouches chaudes s’unissent, elle renifle piteusement et ne cesse de me regarder comme si je pouvais m’évaporer.

       — Pour toi, je suis prêt à ne plus être un Forks. Je suis prêt à être juste Samuel et que nous vivions seulement d’amour. J’ai besoin de toi, comme on a besoin d’oxygène pour vivre. Ne me prive pas de toi. Ne m’asphyxie pas, Isabeau.

       — Tu es mon oxygène aussi, j’ignore comment j’ai pu vivre tout ce temps loin de toi, sourit-elle entre ses larmes.

       Plus rien ne me séparera d’elle. Jamais. Ce sera Isabeau et Samuel. Et rien d’autres.

       — C’est mignon, mais qu’est-ce qu’on fait de Storm ? nous coupe grossièrement Ambroise.

       Je rêve ou ce con vient de tuer notre moment romantique ?

       Je l’assassine avec mes rétines, et le maudit sur cent générations. Mon père soupire longuement, vaincu par K.O.

       — Vivez vos vies. J’ai voulu jouer, j’ai perdu un fils et je ne ferai pas l’erreur de laisser un type dans la nature nuire à sa nouvelle existence. Parce que, que tu le crois ou non, je t’aime Samuel.

       Tu ne m’aimeras jamais comme tu le devrais.

       Ma décision est prise. Je vivrais loin de lui et de sa toxicité. Nous allons être heureux avec Isabeau, affronter la vie à deux et nous épanouir ensemble.

       — Je m’assurerai que Storm soit mis hors-jeu par son addiction, conclut-il.

       Un ultime frisson parcourt la peau d’Isabeau sous mes doigts. Je serai avec elle, pour toujours.

41. Pour un million

Les chuchotements ne se calment qu’au bout d’une dizaine de minutes, Storm jubile et ordonne à l’enchérisseur de monter sur scène. Mes yeux s’abîment au-delà des projecteurs pour le reconnaître avant Storm.

Des yeux verts.

Des cheveux châtains.

Des traits volontaires.

Je pourrais fondre en pleurs. Il ne va pas me laisser, il ne va pas m’abandonner.

— Monsieur Forks, je m’époumone. Monsieur Forks ! Vous êtes venu me sauver, hein ? Pas vrai ? Vous allez pas me laisser à des pervers et me ramener Samuel ?

— Monsieur Forks, quel plaisir de vous voir finalement ici. Enfin, vous aviez déjà testé la marchandise…

Comment ça ? Il le connaît ? Il l’a invité ?

       La dernière pièce du puzzle tombe lentement au cœur de mon cerveau. Elle s’emboîte à la perfection et m’emmène quelques mois plus tôt dans le domaine des Forks.

Je suis paralysée d’effroi dans une pièce avec des objets dont je ne voudrais à aucun moment connaître l’utilité. Je redoute le martinet qu’a déjà utilisé Storm sur moi. Le cuir qui mord la chair, la brûlure de la douleur.

       Quelque chose glisse sur mon buste dénudé, je frissonne et cherche l’origine de cette sensation. Une cravache effleure ma peau, mon regard croise celui de Forks.

       — Tu as peur ?

       Hors de question de lui avouer que je suis terrifiée !

       Je secoue négativement la tête et me fait violence. Les autres hommes n’avaient pas ce qu’ils appellent « une salle de jeu », et celle dans un roman bien connu me faisait plus rire qu’autre chose.

       — Vous m’avez initiée. Vous avez passé la nuit à me faire aimer vos jeux vicelards ! je m’insurge. Et vous ne m’avez rien dit ! Depuis le début vous étiez au courant de tout et vous me l’avez caché espèce de connard !

Deux mains lourdes se posent sur mes épaules, mes narines se pincent rien qu’à l’odeur dégagée par Storm.

— Souviens-toi de notre petite discussion, Ivy… Tu dois être bien sage et tu vas fermer ta jolie petite gueule pendant que je discute affaire avec le client.

Je me dégage et me laisse tomber sur la première chaise que je trouve pour les regarder mettre au point la remise du pognon. La salle se vide, les perdants sont déçus, et moi je suis verte de rage. Pendant tout ce temps j’ai cru que Forks était un allié un peu bizarre. Il nous a bernés sur toute la ligne.

Les deux hommes se serrent la main, je foudroie du regard mon nouveau propriétaire. Il m’offre son bras pour me relever, mais je boude et me retiens de lui planter la gifle de l’année, tout ça pour éviter un autre excès de folie de ce cher Storm.

— Je vais te ramener au domaine…

— Touchez-moi et je vous arrache la bite, je persifle entre mes dents.

— Ne fais pas d’esclandre…

Non, je n’en ferais pas ici. Juste parce que je tiens à la vie de mes amis. La nuit est déjà tombée, mon regard épingle la lune et la suit pendant tout le trajet comme une source de réconfort.

— Vous êtes un monstre, je grogne après un silence interminable.

— Je t’ai achetée pour te sortir de ses griffes…

Bah voyons, maintenant qu’il a peur pour sa bite il se présente comme le chevalier blanc.

       — Dans ce cas, nous allons inviter tout le monde au domaine et nous allons dire la vérité. Parce que moi, je ne peux pas vivre avec le mensonge.

Non. Quitte à avoir perdu Samuel, que ce soit de façon honnête parce qu’il saura ce que je suis réellement : une pute. Je ne peux pas jouer un rôle, je suis fatiguée de tout cacher à tout le monde. Désormais j’aspire à de la franchise et ça, ça commence par tout dire aux gens qui comptent pour moi.

— Tu as conscience des conséquences ? questionne-t-il sombrement.

— Oui. Mais si nous n’avouons pas tout ensemble, je le ferais seule et ça sera pas bon pour votre version des faits.

       — Dans ce cas… puisque tu ne sais pas tenir ta langue, autant nous débarrasser de ce pénible moment maintenant.

La voiture s’immobilise devant la demeure, dans quelques minutes le voile sera enfin levé sur tout le mystère de cette histoire. J’ai peur, autant que j’ai hâte d’avoir la liberté de vider mon sac devant les autres, comme je le fais à présent devant Monsieur Forks.

 

40. Vente aux enchères

Ligotée à une chaise dans une pièce sombre, je ne sens plus les larmes sur mes joues. Il m’a passée à tabac. Il avait besoin de se défouler. De me rappeler une dernière fois à quel point je n’étais rien pour lui. Qu’un sac de chair et d’os qu’on peut boxer à sa guise.

Dans son intérêt et sa grande bonté, il a épargné mon visage. Il faut sans doute que la marchandise soi présentable. Pour tuer le temps, je me souviens. Je me souviens de ces heures heureuses avec mes amis, avec Samuel. Je me souviens de nos fous rires incontrôlables. Je me souviens de nos promesses de croquer le monde. Je me souviens de tout et avec une telle douceur que je m’enveloppe dans cette lumière.

— Si ce n’est pas mignon, elle dort, se moque une voix connue.

Le souffle coupé, j’ouvre les paupières pour discerner dans l’obscurité une silhouette élancée et des ondulations brunes. Mon rythme cardiaque ralenti, me rapproche de l’inconscience.

— Clémentine ? Qu’est-ce que tu fiches ici ?

C’est à peine si on a entendu ma voix prisonnière d’une gorge nouée. Elle s’approche et s’accroupis pour avoir son visage à la hauteur du mien.

— Je viens voir les enchères. Storm m’a promis dix pourcents de la somme récoltée…

— Il faut dire qu’elle a joué son rôle à merveille, félicite mon geôlier.

Ma bouche s’ouvre de stupeur, tout devient évident. Clémentine n’est pas arrivée par hasard dans nos vies. Elle était un pion, une carte à jouer vouée à m’éloigner de Samuel pour faciliter mon enlèvement. Sans notre dispute, il n’aurait jamais accepté de faire une formation si loin. Sans ma jalousie, nous serions encore fusionnels et il serait devenu très compliqué, voire impossible, pour Storm de me mettre en vente.

— Je l’ai su dès que je t’ai vue que tu étais une pute, je ne peux m’empêcher de cracher.

Ma respiration est sifflante, je dois avoir plusieurs côtes fêlées si j’en juge par la douleur.

— Non, la pute ici… C’est toi, rétorque-t-elle avec mépris. Moi, j’ai seulement été une excellente actrice.

Je voudrais répliquer, mais il n’y a rien à dire. Nous sommes tombés dans le piège, Storm a toujours été un génie de la manipulation. La salope se retire avec un sourire satisfait, mon connard d’ex retire certains liens qui me retiennent à la chaise et laisse la corde meurtrir mes poignets. Difficilement, je me lève, les jambes flageolantes.

Chaque pas est un supplice qui fait mourir cette lumière rassurante que j’avais créé autour de moi. Une lumière aussi imaginaire que ce qu’elle était réconfortante.

Dans le long couloir, je croise un dernier visage connu. Celui de Max qui s’adosse au mur avec un air narquois.

— Tu vois, Ivy, si tu avais accepté ma proposition, rien de tout ceci ne se serait produit…

— Va au diable, connard !

Je n’ai rien de plus à lui répondre, qu’il crame en enfer et me foute la paix.

— Tu devras être plus polie avec ton acheteur, avertit Storm. Car, un pas de travers, et je fais sauter la cervelle à ton Samuel.

Je me sens aspirée par le vide, je comprends désormais que toute fuite est impossible. Car si je ne me contrains pas à cette vente, la vie de tous mes proches sera en danger.

Le rideau s’écarte, je déboule sur une estrade improvisée, aveuglée par des projecteurs qui transforment en simple silhouettes sombres les enchérisseurs.

— Messieurs, bonsoir, lance Storm d’une voix tonitruante.

Je tiens difficilement debout, mais je n’ai pas l’intention de vaciller devant cette flopée de pervers.

— Vous attendiez cette vente depuis des jours, elle va enfin débuter ! La mise à prix pour cette sublime créature qui cédera à tous vos désirs est de dix mille euros !

Dix mille euros, il se fait pas chier.

       À chaque nouvelle voix qui enchérit, je me remémore un client et une façon de me pervertir. Tous ont abusés. Tous ont fait des choses pour lesquelles je n’étais pas prête.

Il a réuni les pires, juste pour me briser et peut-être même me pousser au suicide.

       Storm est aussi tordu que ce qu’il me connaît. Il serait totalement capable de me vendre seulement dans l’espoir de me voir me foutre une balle dans la tête.

Les prix commencent à stagner, on se rapproche du final et j’ai juste envie de disparaître.

— Un million, hurle une voix de stentor.

Un million…

       Ma vue s’assombrit, l’angoisse empêche mon cœur de battre. Que va-t-il me faire pour un million ?

39. Une longue histoire

Mon téléphone est resté sagement sur la table basse. Dommage pour moi. Je me saoule des paysages derrières la fenêtre d’une voiture un peu trop luxueuse pour être celle de Storm.

— Tu l’as volée à qui ? je grommelle en désignant les bois précieux de l’habitacle. C’est pas dans tes moyens.

— Il s’agit d’un prêt.

— Un prêt ? je répète avec un rire nerveux.

Un prêt ? Mais qui prête des voitures de luxes à un type aussi chelou ?

       — L’homme qui accueille la vente aux enchères tenait à ce que tu voyages confortablement.

Mon estomac fait un saut périlleux, mon cerveau préfère rester dans la brume plutôt que de comprendre le motif de mon enlèvement.

— Tu seras l’unique lot, reprend-il. Les hommes vont se battre pour avoir une esclave sexuelle docile et libertine…

— Je suis sortie du circuit et je ne veux plus être ta pute, sale porc, je rage.

Mes poings se serrent, la colère réchauffe mes veines jusqu’à les faire exploser une à une. La voiture s’engage sur une route sinueuse, Storm ménage le suspens. Je sais qu’il en a long à me dire.

— Si tu avais eu la décence de mourir dans les bois, nous n’en serions pas là. Mais, dans la mesure où tu es vivante et où ton petit esclandre à la librairie a ruiné mes chances dans l’édition, je vais te faire payer les dédommagements que tu me dois.

       Chaque mot me frappe comme un uppercut. Storm a pensé lui aussi à ma mort. Je n’étais rien pour lui. Je n’étais pas grand-chose pour personne. Sauf pour Pinkie et Rarity. Quand je pense à comment je les ai délaissés ces derniers jours au profit de Charlotte, ne leur adressant que de rares SMS au lieu de les voir, j’ai honte. Ils ont été mes piliers, ma famille quand j’en avais désespérément besoin.

— Ton ordi était plein de textes prometteurs, mais toi, sale pute, tu voulais tout garder pour toi. Je sais que tu avais l’intention de te faire repérer et de m’échapper. La gentille chienne soumise était prête à mordre la main qui la nourrissait.

— Tu profitais de moi. Tu as abusé de ma naïveté et tu m’as considérée comme un simple objet ! je m’emporte. Et, aujourd’hui encore, tu montres bien que je ne suis rien de plus qu’un bibelot à tes yeux.

— Un très joli bibelot… Un bibelot à la tête trop dure ! Les manuscrits finis, tu étais devenue totalement inutile. Tu aurais dû crever dans la forêt. Le coup que je t’ai mis dans le crâne aurait dû te sécher sur place. Mais non. Il a fallu que Madame survive et devienne une véritable gêne.

Désormais, tout est clair. Mon esprit s’illumine sous la révélation de mon agression. Storm me battait de plus en plus à cause de sa merde en poudre. Il m’avait fait croire à la gloire, au sacrifice pour la richesse, mais je n’en pouvais plus de voir défiler les hommes. Je voulais exister par moi et pour moi. Alors, mon ordinateur s’est rempli de romans et le plus prometteur était écrit en cachette dans cette clairière. Là, où il m’a débusquée. Là, où j’ai couru comme jamais en l’entendant arriver. Là, où j’ai voulu fuir mon bourreau, la mémoire encore fraîche d’une violente dispute de la veille. Là, où il a tenté de me tuer.

— J’allais t’achever avec un autre coup, mais ce connard de joggeur est arrivé. Alors, je t’ai piqué ton portable et tes affaires et j’ai envoyé le manuscrit en mon nom à plusieurs éditeurs pour au final être choisi par une énorme maison qui me promettait un gros coup marketing et la richesse. Tout ce que je voulais était là, je le touchais du bout des doigts. Mais toi… Toi, tu as encore une fois tout gâché, et aujourd’hui tu mérites d’être la chose d’un vieux pervers qui te baisera jusqu’à ce que mort s’en suive. Et puis, quitte à être en vie, autant que tu me serves à ramasser assez de pognon pour que je m’invente une autre vie.

Un voile noir tombe devant mes yeux. J’ai flirté avec la mort, je l’ai vue de si près que j’aurais pu la prendre dans mes bras. Il freine devant une maison bourgeoise à l’écart de la ville. Des voitures luxueuses sont stationnées devant. Je n’ai pas le courage de les compter, j’ai trop peur du nombre de clients qui participent à cette sordide enchère.

Un produit, je reste un produit inerte, incapable de bouger ou se défendre tant la situation m’assomme totalement.

Je ne vois rien de la maison, focalisée sur mes souvenirs. J’étais une libertine, une créature tellement en manque d’amour et d’affection qu’elle tentait d’en trouver dans les bras des clients. Je me faisais de l’argent, et j’avais un semblant de tendresse. C’était des moments fugaces, incertains, où j’interprétais les attitudes de la façon qui m’arrangeait le plus. De la façon la moins douloureuse pour moi.

 

      

38. Un visiteur indésirable

Samuel n’est pas réapparu depuis une semaine. Peut-être qu’il loge chez l’autre pouffiasse de Clémentine, ou alors il est à l’hôtel. Alors, j’ai l’appartement pour moi, en compagnie d’Ambroise qui s’évertue à me rendre ma bonne humeur.

Ce soir, il est sorti pour aller chercher à manger chez le traiteur. Aucun de nous n’avait envie d’aller jusqu’au supermarché pour faire les provisions. Je zappe, la télé est vide de programmes. C’est à se demander à quoi la TNT peut servir. Mon ventre gargouille, la porte d’entrée s’ouvre.

— Génial, tu as fait vite ! je me réjouis en me relevant du canapé. Je n’ai même pas eu le temps de mettre… la… table…

Les mots s’égrènent péniblement lorsque je découvre Storm aux pupilles dilatés face à moi. Son corps est en nage, et le canon sombre de son flingue pointe mes viscères. Je pourrais hurler, trembler, pleurer, mais rien de tout ça ne se produit. Mon corps passe en état de choc, comme lorsqu’il me tabassait jusqu’à me faire perdre conscience.

Sa main tremble, un filet de bave coule à la commissure de ses lèvres.

— Comment es-tu monté ? je frémis.

— Le concierge tenait à la vie. Et il sait qu’il a pas intérêt à appeler les flics.

Sa voix est presque celle d’un automate détraqué, rendant l’ensemble plus glauque encore. Il aspire de l’air entre ses dents dans un bruit de sucions qui me dégoûte. Je suis incapable de bouger, ou de lutter.

— Tu vas me suivre ma jolie Ivy, ricane-t-il. Jolie, jolie… Jolie Ivy…

— T’es drogué. T’es complétement raide, je reproche à voix basse.

Ma voix continue de s’incliner face à lui. Ma vie se met à défiler dans des flashes aveuglants. S’il tire, je n’aurais pas pu dire adieux à Samuel. Non. Nous resterions fâchés pour une connerie de greluche qui a su parfaitement aiguillonner ma jalousie.

— Tu en veux ? Tu veux la jolie poudre, jolie Ivy ? Hein ? HEIN ?

Non. Garde ta merde !

       Il empoigne mon bras, je me réveille, sors de cette léthargie morbide. Je me débats, rues contre lui pour le déséquilibrer.

— Hop, hop, hop, jolie Ivy… Tu vas te calmer où une cervelle va sauter.

— Vas-y, tire, je n’ai plus rien à perdre.

J’ai déjà perdu ma raison de vivre, maintenant que Samuel n’est plus là, quel intérêt de se battre pour vivre ? Oh, bien sûr, Rarity, Pinkie, Charlotte et Ambroise seront un peu tristes, mais avec le temps ça passera. Pour un peu, j’ai presque envie de rire. Une fin minable, pour une fille minable. Je ne méritais pas Samuel. Je ne méritais personne. J’étais l’erreur. J’étais celle qui n’aurait pas dû exister. J’étais celle qui aurait dû se noyer dans cette mer agitée.

— Non, j’ai encore besoin de ton petit minois de salope. Si tu te bouges pas pour me suivre, j’exécuterai ton cher Ambroise. Et si ce n’est pas lui, ça sera un gamin pris au pif dans la rue, compris ? susurre-t-il à mon oreille.

J’ai envie de gerber, je n’ai pas la dextérité nécessaire pour le désarmer. Intérieurement, je prie pour que Rarity trouve ça bizarre que je mette fin d’un coup à notre conversation par texto. Ou qu’Ambroise revienne rapidement et signale ma disparition.

Il me pousse sans ménagement, tord douloureusement mon bras dans le dos.

— Alors, je t’explique, une voiture attend en bas, tu vas gentiment monter dedans et personne crèvera par ta faute, poursuit-il en me poussant dans l’ascenseur.

Je ravale ma salive, je n’ai pas d’autres choix que d’obéir. Car il ne s’agit plus de moi. Il s’agit des autres. Des innocents. De ceux qui n’ont pas à payer pour quelque chose d’aussi misérable que ma vie. J’ignore où je vais, ni ce qu’il va faire de moi. Mais, étrangement, je n’ai pas peur. Je suis même prête à affronter le pire, pourvu que mes proches ne souffrent pas.

Je crois que je vais mourir. J’espère qu’il y a autre chose après.

      

 

 

37. Le domaine des Lescures

Ma nouvelle amie n’a pas hésité une seule seconde à m’embarquer avec elle. Entre bafouées par leur amour, nous avons de quoi nous épauler et nous comprendre mutuellement.

La maison des Lescures est une villa résolument moderne, aux lignes pures et artistiques. Des énormes sphères entourent le cube centrale, Charlotte me glisse qu’il s’agit d’une maison d’architecte des années 70. Quand nous pénétrons à l’intérieur, j’ai l’impression d’être dans un James Bond. Marbre noir au sol, ameublement blanc avec les fameux fauteuils bulles et un gigantesque aquarium en colonne au centre de la pièce principale.

Nous montons un escalier courbé qui scintillent de mille feux, je m’arrête sur une marche, l’observe longuement.

— Il est entièrement incrusté de Swarovski. C’est beau, n’est-ce pas ?

— On dirait un escalier de conte de fée, je me pâme.

Si je pouvais voler une des marches, il y aurait de quoi vivre toute une vie sans soucis de pognon.

À l’étage, je découvre la chambre de Charlotte. Un espace immense dans les tons roses et avec les murs tellement couverts de coupures de magazines encadrées que je ne saurais dire s’ils sont réellement parme. Je bazarde mes chaussures pour profiter au maximum de la moquette épaisse et moelleuse rose pâle.

— Qu’est-ce que tu fais !?! proteste-t-elle. C’est une coutume de pauvres de retirer ses chaussures sans y être invité ?

— Je me mets à l’aise ! Ça serait con de violer ta moquette avec mes chaussures, non ?

Elle hausse les épaules et appuie sur une télécommande pour dévoiler un immense écran dissimulé dans un meuble. Ce n’est pas sans me rappeler ma chambre chez les Forks. Une vague de nostalgie vient m’engloutir. Samuel était si mystérieux, si timide. Il était comme un nouveau monde impossible à conquérir.

— Nous allons regarder des films de filles, je t’aurais bien proposé de la glace pour oublier ton chagrin, mais ici c’est interdit.

Je me pose à ses côtés dans son lit rond où trônent une cinquantaine de coussins. Sans le vouloir, elle vient d’ouvrir une brèche dans sa carapace.

— Dis donc, ta famille a l’air strict…

— Ils le doivent, j’ai un nom à assumer. Tu vois toutes ces coupures de magazines ?

Je hoche la tête, sa voix a changé. Comme si elle appréhendait ce qu’elle s’apprêtait à me dire.

— Porter un nom tel que le mien appelle des obligations. Je n’ai pas de frère ni de sœur. Il n’y a personne pour transmettre notre nom, alors c’est à moi de l’inscrire dans la postérité. Ainsi, puisqu’une carrière dans la finance et les affaires n’est pas pour une femme, je me dois de nous rendre immortels avec ma beauté.

Son discours me scie complétement. En quoi les femmes ne sont pas faites pour les affaires ? Il y a eu des P-D.G brillantes et des femmes qui ont changé le monde. Son raisonnement moyenâgeux me donne autant envie de hurler que l’absence prolongée de Samuel. J’ignore où il est. Ce qu’il fait. Je ne sais même pas si je le reverrai et mon cœur saigne à cette simple idée. Avec tout le mal que j’ai fait, j’ai sans doute mérité tout ça.

Avant que je ne puisse lui dire ma façon de penser, une femme BCBG fait son entrée. Son tailleur beige met en valeur sa silhouette parfaite, et seules de très rares ridules au coin de ses yeux pourraient trahir son âge.

— Charlotte ? Tu me présentes ce… cette… personne…

— C’est Isabeau, la petite amie de Samuel, Mère, informe-t-elle d’une voix éteinte.

Un poignard se plante dans mon ventre. Je ne suis même plus certaine que nous soyons en couple. Une larme menace de s’échapper de mes paupières, je voudrais le voir et lui présenter des excuses.

— Il me semblait t’avoir conseillé de t’entourer de personne qui mettent en valeur ton physique, persifle-t-elle. Déjà que la nature t’a donné des yeux bleus insipide et un visage quelconque, il ne faudrait pas que le charisme de tes congénères te fasse définitivement oublier…

— Oui, Mère…

L’intéressée quitte la pièce sans une formule de politesse pour moi. Charlotte fixe le vide, la peine accrochée à son visage pourtant joli.

— Un jour, je serai une égérie de luxe et ma mère regrettera tout ça, murmure-t-elle.

J’approuve silencieusement. Maintenant, j’ai conscience que la méchanceté de Charlotte n’est pas gratuite. C’est simplement une jeune femme qui a peur de ce qu’elle est, qu’on rabaisse sans cesse chez elle et qui a besoin de cette coquille d’amertume pour survivre et exister.

Désormais, elle la laisse complétement de côté pour permettre à notre amitié de grandir et d’exister malgré un quotidien compliqué.

Et c’est parce qu’elle est mon amie, qu’elle m’a tendu un mouchoir avant même que je ne m’effondre totalement en songeant à la relation toxique entre Samuel et son père. En songeant à ce nous qui n’existe plus.